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Allier l’urticaire et la vie professionnelle

Mode de vie et sport - 05/09/2019

Vous avez une urticaire chronique spontanée. Voilà déjà quelques mois que vous en présentez les signes et vous avez noté que cette pathologie a déjà entraîné quelques bouleversements dans votre vie, personnelle mais aussi professionnelle. Cet impact de l’urticaire chronique sur la vie professionnelle est connu, il a été évalué dans quelques études. Reconnaître que vous n’êtes pas seul(e) devant vos difficultés peut vous rassurer et vous aider à trouver des solutions.  

L’urticaire et la vie professionnelle, un accord imparfait 

« Etre en contact avec le public lorsque son visage a doublé de volume ce n'est pas possible et j'ai dû annuler tous mes rendez-vous clientèle trois jours durant. C'est ce qui m'est arrivé il y a peu. Je suis pourtant pris en charge et traité depuis quasiment le début de mon UCS mais le fait que l’aspirine pouvait avoir des effets très désagréables pour moi m’était sorti de l’esprit ». Ce témoignage, rapporté sur le site de L'Association française Syndrome Activation Mastocytaire - Urticaire Chronique Spontanée, vous rappelle peut-être une situation dans laquelle vous vous êtes vous-même retrouvé(e). L’aspect esthétique n’est toutefois pas seul en cause dans les perturbations de la vie professionnelle, car peuvent s’y ajouter la gêne provoquée par les démangeaisons et/ou la fatigue secondaire aux troubles du sommeil, conséquence des crises d’urticaire pendant la nuit.  

Une étude réalisée dans 5 pays européens montrait récemment que les personnes souffrant d’urticaire chronique spontanée avaient plus de difficultés que les autres pour rester performantes au travail : 37 % de 369 patients estimaient que l’urticaire constituait un handicap pour leur travail, contre 20 % parmi les personnes ayant répondu à l’enquête mais ne présentant pas d’urticaire. Dans la même étude, 31 % des personnes atteintes d’urticaire estimaient que l’urticaire entraînait une perte de leur productivité au travail, contre 17 % parmi les personnes ne souffrant pas d’urticaire.  

Une autre enquête, réalisée cette fois aux Etats-Unis, montrait que les personnes souffrant d’urticaire chronique spontanée devaient s’absenter de leur travail deux fois plus souvent que les personnes ne présentant pas cette maladie. 

L’impact semble encore plus important pour les personnes présentant des angioedèmes (gonflements sous la peau ou sous les muqueuses), comme le montre très bien une étude internationale. Portant sur 673 patients souffrant d’urticaire chronique spontanée non contrôlée par le traitement, l’étude montre que les personnes souffrant d’angioedèmes ont plus de risque d’absentéisme que les autres. Ils ont aussi des troubles du sommeil plus importants, qui viennent juste après les démangeaisons comme motif principal d’absentéisme. 

Quelles solutions ? 

Pour améliorer votre situation, il est toujours possible de parler de votre urticaire à votre médecin du travail et de lui demander de l’aide. Celui-ci est tenu au secret médical, vous pouvez lui faire part de vos difficultés. 

Vous pouvez aussi bénéficier des conseils que vous délivre votre dermatologue et de programmes d’éducation thérapeutique. Il s’agit de rencontres avec des professionnels (médecins et/ou paramédicaux), spécialement formés, qui vous délivreront les informations nécessaires pour mieux comprendre votre maladie, dans le but de vous rassurer et de vous rendre plus autonome en ce qui concerne la gestion de votre urticaire et son traitement. Vous pourrez y évoquer les obstacles que vous rencontrez et les solutions que vous avez mises en place. Vous y apprendrez des astuces pour détourner l’envie de vous gratter, ce qui peut être utile quand vous vous trouvez parmi vos collègues de travail : s’occuper les mains (balle antistress), se relaxer, ou effectuer un contact doux de la main ou de certains objets sur la peau.  

Bien comprendre l’urticaire et son traitement devrait vous permettre d’adapter ce dernier à vos habitudes. Par exemple, si les médicaments que vous prenez ont tendance à entraîner un peu de somnolence, prenez-les le soir plutôt que le matin juste avant de partir au travail. Cela aura un double avantage : celui d’améliorer votre sommeil et celui d’éviter les envies de dormir inadaptées sur votre lieu de travail.  

Votre dermatologue vous indiquera si un dispositif d’éducation thérapeutique existe près de chez vous et les démarches à effectuer pour y adhérer. Ne restez pas seul(e) face aux problèmes que vous pose votre urticaire. 

Dr Roseline Péluchon