Et si ce n’était pas une urticaire chronique spontanée ?

Culture - 24/06/2019

Vous souffrez d’urticaire depuis plusieurs semaines et le dermatologue que vous avez consulté vous a parlé d’une urticaire chronique spontanée. C’est la forme la plus fréquente d’urticaire chronique, mais il vous fait part toutefois de quelques hésitations. Vos symptômes peuvent ressembler à d’autres maladies, beaucoup moins fréquentes que l’urticaire chronique spontanée, et qui ne sont que très rarement évoquées en première hypothèse.

Ce qui ressemble à l’urticaire chronique spontanée

En premier lieu, la vascularite urticarienne. Il s’agit d’une maladie inflammatoire de la paroi des vaisseaux sanguins. C’est souvent une maladie auto-immune (l’organisme fabrique des anticorps qui viennent agresser ses propres cellules) mais elle peut aussi être provoquée par une infection. Parfois, l’origine en est indéterminée. Dans la vascularite urticarienne, les lésions sont fixes, ce qui est rare dans l’urticaire chronique spontanée. Dans la vascularite, les papules disparaissent, en laissant des zones pigmentées.

Votre médecin peut aussi hésiter avec une urticaire neutrophilique. Mais dans cette maladie, les poussées sont associées à d’autres manifestations, comme de la fièvre ou des douleurs osseuses. Certains tests, ou une biopsie permettront d’éliminer ce diagnostic s’il est évoqué.

Les signes que vous présentez peuvent faire penser aussi à un diagnostic d’urticaire pigmentaire. Mais ici les lésions sont parfois de couleur brune et se localisent plutôt au thorax et aux extrémités, en épargnant le visage, le cuir chevelu, la paume des mains et la plante des pieds.

Ce qui se manifeste par un angio-œdème

Si vous avez des angio-œdèmes, souvent associés aux lésions présentes sur la peau, il peut être difficile de faire la différence avec des angio-œdèmes dits « bradykiniques », qui surviennent le plus souvent de manière isolée, sans signe d’urticaire sur la peau et durent au moins 48 heures, parfois associés à des douleurs abdominales et à un risque d’atteinte des voies respiratoires. Il peut s’agir de formes héréditaires. Mais il peut s’agir aussi plus simplement d’une réaction à un parasite ou d’une hypothyroïdie.  

Dr Roseline Péluchon