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Psoriasis de l’enfant : une vie la plus normale possible

Culture - 05/09/2019

Votre enfant est atteint de psoriasis. Son médecin vous a peut-être dit qu’il s’agit d’une maladie le plus souvent bénigne. Vous aimeriez vous en convaincre, mais certaines informations que vous avez lues ou entendues vous ont inquiété(e). Sachez que la prise en charge de votre enfant se fera de toutes façons en trio : votre enfant bien sûr, ses parents, c’est-à-dire vous, et son médecin. Vous aurez donc toutes possibilités de faire part de vos inquiétudes à celui-ci. Dites-vous dès à présent que votre rôle est d’accompagner votre enfant pour qu’il ait la meilleure qualité de vie possible.

L’immunité, sur fond de génétique et d’environnement

Le psoriasis de l’enfant est une maladie inflammatoire chronique qui affecte moins de 1 % des enfants. Il apparaît parfois dès les premiers mois de vie et il semble que près d’un tiers des psoriasis de l’adulte aient débuté dans l’enfance. La maladie évolue par poussées, mais ne s’aggrave pas avec le temps.

A l’origine du psoriasis se trouve une perturbation du système immunitaire. Chez certaines personnes génétiquement prédisposées, un dérèglement du système immunitaire survient, à la suite d’une exposition à certains facteurs environnementaux (facteurs infectieux, inflammatoires, hormonaux, traumatiques ou stress). Il en résulte une inflammation, qui provoque une prolifération des cellules superficielles de la peau, les kératinocytes. Produits en trop grande quantité, ces derniers s’accumulent et forment des croûtes.

Des aspects différents selon l’âge

La lésion « classique » de psoriasis est la même chez l’enfant et l’adulte. Il s’agit d’une plaque recouverte de squames épaisses. Chez l’enfant, ces plaques sont souvent plus petites que chez l’adulte et les squames qui les recouvrent sont moins épaisses. La localisation des lésions est un peu différente selon l’âge. Chez les nourrissons, le psoriasis se manifeste le plus souvent par des lésions du siège ou par ce que l’on appelle le psoriasis « inversé », touchant les plis. Chez l’enfant, les formes « en gouttes » (petites plaques disséminées) sont fréquentes et les atteintes du visage, du cuir chevelu, des paumes des mains et des plantes de pieds ne sont pas rares.

Comment y faire face

Le psoriasis n’est pas une maladie grave, si l’on se place d’un point de vue strictement médical. C’est sans compter l’impact qu’il peut avoir sur la vie quotidienne de votre enfant. Vous savez qu’il s’agit d’une maladie chronique dont le retentissement peut être important pour votre enfant, sur le plan esthétique et sur le plan de ses relations sociales. Le traitement ne guérit pas la maladie, il a pour objectif de la rendre « acceptable », en permettant une vie normale sur le plan scolaire, social, sportif, etc... Une relation de confiance avec l’équipe soignante est utile pour y parvenir.

Quelques questions pratiques

Vous vous demandez peut-être si vous devez dissuader votre enfant de pratiquer certaines activités sportives. Aucun sport n’est contre-indiqué a priori, mais doit être adapté à l’état de santé de votre enfant. Pour le savoir, il peut être utile d’en parler au médecin qui le suit. Une prise en charge adaptée peut lui permettre de pratiquer l’activité sportive qu’il aura choisie. Au moment des poussées il peut être amené à interrompre momentanément son activité, si cela lui procure des douleurs ou une gêne esthétique. Donc, si votre enfant rêve de faire de la natation, et que son médecin estime que cela est possible, ne l’en dissuadez pas. Il arrivera peut-être que pour certaines activités un certificat de non-contagion vous soit demandé. Vous savez sans doute que le psoriasis n’est pas contagieux, mais si votre réponse ne convainc pas vos interlocuteurs, tournez-vous là aussi vers le médecin de votre enfant.

Il vous arrive de vous demander si un régime alimentaire particulier pourrait modifier l’évolution du psoriasis de votre enfant. En général, sauf avis contraire du médecin, aucune restriction ni régime alimentaire n’est nécessaire.

Vous vous posez la question de la nécessité d’une prise en charge psychologique de votre enfant car vous avez entendu dire que la maladie peut survenir à cause du stress. Si en effet le stress de la vie quotidienne peut chez certains enfants déclencher une poussée de psoriasis, une prise en charge psychologique n’est pas systématiquement nécessaire pour agir sur ce stress, sauf si le médecin vous le conseille. Il se peut toutefois que cela permette de prendre en charge les conséquences psychologiques du psoriasis, par exemple si vous remarquez que votre enfant à tendance à s’isoler au fil du temps. Si vous hésitez, posez la question à son médecin, il vous conseillera.

Si vous avez-vous-même un psoriasis, il se peut que vous vous sentiez responsable de la maladie de votre enfant. N’hésitez pas à parler de ce point avec votre médecin,

il vous déculpabilisera. Malgré la composante génétique importante du psoriasis, vous n’êtes pas responsable et votre enfant a besoin de votre soutien, sans arrière-pensées.

Et pour finir, Théo et les Psorianautes

Pour familiariser les enfants avec leur psoriasis et les situations quotidiennes qui peuvent être difficiles, l’association de patients France Psoriasis a mis en ligne sur son site un jeu à destination des enfants et de leurs parents (uniquement accessible depuis Internet Explorer). Ce jeu met en scène Théo, un jeune garçon atteint de psoriasis, qui se réveille une nuit et trouve à ses côtés la fée Mia. Elle vit dans un pays, Psoria, où tout le monde a du psoriasis. Mia guide Théo à travers plusieurs situations de la vie quotidienne et lui donne une foule d’astuces pour mieux vivre sa maladie, à l’exemple des Psorianautes.

 

Dr Roseline Péluchon